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VAD & E-Commerce
N° 227 - Décembre 2011 / Janvier 2012 |
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Autre acteur de la monnaie numérique, l’entreprise Limonetik (www.limonetik.com) se définit comme un cousin de Paypal. L’objectif de cette entreprise n’est pas de créer une monnaie numérique, mais de révolutionner son approche sur Internet. Pour mieux comprendre les enjeux de cette entreprise innovante, rencontre avec Christophe Bourbier, Directeur Général de Limonetik. Par Gallianne Coudert
Vente à Distance et E-commerce : Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?
Christophe Bourbier, directeur Général : « L’objet de notre entreprise n’est donc pas de créer une monnaie numérique, mais de révolutionner son approche. Concrètement, lorsque les différents moyens de paiement : cartes cadeaux, cartes de prêt conso, monnaie numérique, programmes de fidélité, systèmes de monnaie dématérialisée comme une liste de mariage, par exemple, veulent être valables pour payer sur Internet, c’est très complexe. L’acceptation d’une
« simple » carte cadeau, comme nouveau moyen de paiement sur un site marchand, implique de nombreuses procédures beaucoup trop longues et coûteuses pour le site marchand.
La solution technique développée par la société, baptisée Limoney, permet de simplifier au maximum ces étapes et d’accélérer le développement et la diversification de ces moyens de paiement sur Internet. Grâce à Limoney, nous faisons sauter toutes les barrières techniques et rendons cette carte immédiatement valable sur les sites de e commerce sans nécessiter aucun développement ou intégration de la part du site. Autrement dit, nous sommes des facilitateurs des transactions avec de la monnaie électronique sur internet, des accélérateurs de business.
A la question de la naissance de l’idée, je vous dirais que c’est un peu par hasard.
En fait, l’un des cinq co-fondateurs, Nicolas Benady, Président & DSI de Limonetik, a fait sa liste de mariage sur Internet. Il s’est rapidement aperçu qu’il ne pouvait
effectuer aucun achat avec l’argent collectée sur sa liste, directement sur les sites marchands. En creusant un peu, il a compris que pour que la liste soit valable sur les sites de e commerce, elle aurait du être intégrée comme un nouveau moyen de paiement par chacune des e-enseignes partenaires. Comme on l’a vu, ce développement serait beaucoup trop complexe et couteux à la fois pour les sites et pour la liste elle même. Le hasard a voulu que notre premier client soit la liste de mariage du Printemps qui a tout de suite saisi le potentiel d’attraction que pouvait représenter pour ses clients de dépenser leur liste de mariage sur Internet directement depuis le site de PrintempsListe.Aujourd’hui notre entreprise compte une quinzaine d’employés. Nous comptons parmi nos principaux actionnaires, Alain Parize (fondateur du Smile’s), Pierre Kosciusko Morizet (PDG de PriceMinister), et nous sommes en plein développement.
Vente à Distance et E-commerce : La multiplication des moyens de paiement « alternatifs » est-elle une tendance ? Pouvez-vous nous donner votre point de vue ? Christophe Bourbier : « Le marché des moyens de paiement est en plein développement. On entend parler depuis quelque temps des cartes co-brandées. Ces cartes bancaires d’un genre nouveau permettent d’afficher une marque forte, une « brand » (Total, OM, Virign par exemple) et proposent de nombreux services complémentaires, tels que la fidélisation, des informations et services additionnels, des réductions, des assurances etc. Il semble que les consommateurs soient de plus en plus sensibles aux cartes bancaires qui leurs offrent des services qui leur sont dédiés. Ils veulent de l’accompagnement En parallèle, de nombreux acteurs développent leur propre moyen de paiement sur le marché. Pour ne citer que quelques exemples : les listes de mariage ne souhaitent plus être seulement valables dans un grand magasin mais partout sur Internet, les cartes privatives de prêts consommateurs souvent limitées à un nombre limité de chaînes ouvrir leur réseau, les programmes de fidélisation limités à un simple catalogue devenir valables sur Internet, etc. Et toutes les entreprises ont un souhait : multiplier l’utilisation de leurs cartes prépayées ou de leur programme. Alors oui, on peut l’affirmer : la tendance à la multiplication des moyens de paiements alternatifs est là, et elle est forte. Les assurances elles-mêmes sont touchées par cette vague de « monétisation ». Pour répondre à ces attentes, nous développons, notamment avec Limoney une offre de remboursement assurance. Concrètement, si un consommateur abîme son ordinateur, il devra aller en acheter un nouveau puis fournir la facture à son assureur pour être remboursé. Certaines personnes mal intentionnées peuvent frauder en gonflant la facture. L’assureur, à juste titre, prendra un certain temps, pour traiter le dossier.
Avec Limoney, nous permettons à l’assurance d’envoyer un bon de remboursement, du montant du dégât constaté, en prépaiement. L’assuré dispose alors d’un compte ouvert, une sorte de porte monnaie électronique crédité de cette somme qu’il pourra dépenser directement sur Internet chez tous partenaires de l’assureur. Cette offre originale permet à l’assureur de raccourcir les délais et au consommateur de ne pas avancer l’argent. Si le montant de son nouvel achat est supérieur aux sommes allouées par l’assureur, il complétera simplement la somme avec sa carte bancaire au moment du paiement en ligne. L’assurance propose donc un service premium tout en limitant la fraude. Concrètement nous parlons là encore d’un nouveau moyen de paiement alternatif appliqué au monde de l’assurance. »
Vente à Distance et E-commerce : Votre système est utilisable sans téléchargement pour le consommateur. Mais qu’en est-il exactement pour les enseignes ? Christophe Bourbier : « l’internaute qui possède une liste de mariage, un prêt consommateur, détient des points de fidélités, ou une carte cadeau dispose d’une réserve de monnaie électronique. Notre action se situe entre le compte où se trouve cet argent dématérialisé et le site marchand sur lequel il va le dépenser. Nous agissons un peu comme un fournisseur d’accès Internet, nous suivons le consommateur qui souhaite dépenser sa carte cadeau sur le site a de la Fnac, rien ne change au niveau de sa navigation et aucun téléchargement n’est nécessaire. Au moment du paiement l’Internaute cliquera simplement sur le logo de sa carte cadeau (liste de mariage, …) pour effectuer son paiement avec l’argent qui s’y trouve. Une fois que nous avons vérifié la présence d’un crédit suffisant sur le compte de la carte cadeau, nous générerons un numéro de carte bancaire qui nous appartient pour payer la commande à la Fnac. Nous irons ensuite débiter de ce même montant le client sur son compte. Par cette opération, nous venons de transformer de la monnaie électronique en un paiement de carte bancaire. Et comme la carte bancaire est valable dans tous les sites, nous pouvons rendre n’importe quelle valeur (point de fidélité, coupon de remboursement) valable sur tous les sites marchands. Pour la Fnac, l’opération est transparente puisqu’elle est réglée par une carte bancaire traditionnelle. A court terme, la société permettra à chaque internaute de réunir toutes ses “richesses” dans un portefeuille unique, et de régler avec, ses achats en ligne. Par exemple : il pourra acheter un téléviseur à 1 500 € avec : 3000 points fidélités de son opérateur téléphonique + le crédit restant d’une carte cadeau offerte à Noël + un reliquat de prêt à la consommation et compléter la somme avec sa Carte Bancaire. Pour le site marchand l’opération est une nouvelle fois transparente puisqu’il sera comme dans l’exemple précédent réglé avec une simple carte bancaire.
Nous pouvons encore multiplier les applications, par exemple les bons de réduction valables sur Internet peuvent devenir un moyen de paiement grâce à notre solution.
Vente à Distance et E-commerce : Votre système est innovant et l’on est en droit de se demander ce qu’il en est dans les autres pays. Que pouvez-vous nous en dire ? Christophe Bourbier : « En Angleterre et aux Etats-Unis, ils sont bien plus avancés sur le nombre de moyens de paiement alternatifs. La simple et unique Carte Bancaire est dépassée depuis bien longtemps. En effet, aux Etats-Unis, on compte plus de 400 cartes cadeaux, contre une dizaine en France. Quant à l’Angleterre, les assureurs envoient déjà des cartes prépayées matérialisées à leurs usagers. Pour terminer ce petit tour d’horizon, il faut savoir également qu’en Europe de l’Est, beaucoup d’entreprises utilisent le paiement en cash pour régler leurs employés et souhaiteraient se servir désormais de solutions de prépaiement. Ce marché représente 75 milliards d’euros en 2010 et devrait aller en grossissant. C’est un marché sur lequel les banques interviennent moins ou tout au moins ne sont plus l’unique intermédiaire et il existe, un important lobbying. Tout acteur souhaitant développer son « moyen de paiement » est contraint d’obtenir un statut délivré par la Banque de France (cf l’article pXX sur weXpay). Or, on s’aperçoit que les banques continuent de bouder ce système pour préférer le co-branding ».
Vente à Distance et E-commerce : Quels sont les enjeux pour les années à venir ? Christophe Bourbier : « Les achats sur Internet ne cessent de se développer. Dans ce contexte plus que favorable, 2008 a été une année charnière car plus de la moitié des français se sont connectés sur internet : 22 milliards de transactions ont été réalisées sur Internet, plus de 30 % en plus par rapport à l’année précédente et les tendances sont identiques pour 2009. Pour les paiements alternatifs l’enjeu est de profiter de cette très forte croissance et d’être valable sur un maximum de sites marchands. Pour les sites marchands l’enjeu est bien évidemment de développer leur chiffre d’affaires et augmenter leur part de marché. Accepter la carte bancaire comme seul et unique moyen de paiement est un suicide. L’enjeu pour Limonetik est donc d’accélérer le développement et la multiplication des moyens de paiement alternatifs (cartes cadeaux, points de fidélité, listes de mariages, etc.) et de permettre ainsi aux sites marchands de développer sans efforts leur chiffre d’affaires.
Vente à Distance et E-commerce : Où en est le développement de votre solution ? Christophe Bourbier : « Aujourd’hui, nous dénombrons environ une cinquantaine d’enseignes partenaires et avons déjà intégré plusieurs moyens de paiement alternatifs parmi les cartes cadeaux, cartes prépayées dédiées aux non bancarisées et cartes de prêt à la consommation.
Nous avons atteint un seuil à la fois au niveau des sites de e commerce partenaires et du nombre d’enseignes clientes qui souhaitent développer leur propre moyen de paiement. Cela nous rend attractif pour les deux parties et a pour résultat une accélération très forte de notre développement commercial en 2009.
Nous avons lancé l’offre de remboursement pour les assurances en avril et elle a déjà attiré l’attention de nombreux acteurs du marché. ».